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Sans avant-centre fixe depuis 2012, l'Espagne aborde le Mondial-2018 dans l'inconnue à ce poste-clé, brigué par Diego Costa, Iago Aspas et Rodrigo Moreno samedi en match de préparation contre la Tunisie en Russie (18h45 GMT/20h45). Et si la "Roja" jouait finalement sans N.9 ?

. Un dilemme à trancher

A une semaine de ses débuts face au Portugal vendredi prochain dans le groupe B, l'Espagne reste invaincue en 19 rencontres avec son sélectionneur Julen Lopetegui. Mais paradoxalement, c'est l'un des rares favoris de la Coupe du monde à n'avoir pas d'attaquant de pointe désigné et indiscutable.

Samedi à Krasnodar, l'ultime galop d'essai face aux Tunisiens doit permettre de tester une dernière fois l'animation offensive, car l'efficacité a laissé à désirer dimanche dernier contre la Suisse (1-1).

Lopetegui, qui a laissé à la maison un possible titulaire en la personne d'Alvaro Morata, assure n'être pas inquiet: "Nous trancherons quand la date se rapprochera", a-t-il dit, soulignant que les différents profils de ses attaquants lui offrent des solutions multiples.

. Diego Costa, guerrier inadapté

Parmi les 23 Espagnols, le colosse de l'Atlético Madrid est l'avant-centre plus expérimenté, le plus batailleur, le plus pénible pour les défenses.

Mais depuis qu'il a renoncé au maillot brésilien pour endosser la tunique espagnole, ce joueur plus physique que technique ne s'est jamais vraiment fondu dans le "tiki-taka", ou "toque", ce tourbillon de passes qui a mené l'Espagne jusqu'au titre mondial en 2010.

Après le nul contre la Suisse, Lopetegui a refusé net l'idée que Costa soit un attaquant "trop statique" pour son équipe. Et il ne cesse de vanter son apport en matière de combat et de pressing haut, l'une des marottes du technicien.

Quant à Costa (29 ans, 19 sél., 7 buts), il croit en son étoile: "Je sais que je peux aider l'équipe", s'est-il défendu. "Je travaille et cela va être un beau combat pour être dans le onze de départ. Je me sens à l'aise et solide."

. Aspas, bon profil plafonné

Sur le papier, l'attaquant du Celta Vigo est le profil le plus adapté pour combiner au sol avec les Iniesta, Silva ou Isco: bon dans les remises, précis techniquement, capable de jouer sur un côté, il cumule les bons points après avoir fini meilleur buteur espagnol de Liga (22 buts).

Mais à 30 ans, son expérience internationale est limitée: seulement 9 sélections (4 buts), et l'idée tenace qu'il n'a brillé que dans le cocon de son club formateur, à Vigo, sans franchir un cap à Liverpool ni à Séville.

"C'est un joueur tout à fait prêt au niveau technique et très équilibré mentalement", souligne néanmoins Lopetegui.

. Rodrigo, le protégé critiqué

Protégé du sélectionneur qui l'avait dirigé avec les Espoirs, l'Hispano-Brésilien Rodrigo Moreno (27 ans, 5 sél., 2 buts) a explosé cette saison à Valence avec 16 buts inscrits, souvent cruciaux.

Mais sa convocation aux dépens de l'expérimenté Morata a été critiquée en Espagne.

"Je ne me sens pas dans l'oeil du cyclone juste parce que je figure parmi les attaquants retenus", a dédramatisé ce buteur rapide et polyvalent. "Chacun a son opinion et celui qui choisit, c'est le sélectionneur."

. Le faux N.9, vraie possibilité

Comme à l'Euro-2012, remporté avec le milieu offensif Cesc Fabregas en "faux N.9", l'Espagne pourrait jouer sans pointe pour désorienter les défenses adverses et apporter le surnombre au milieu.

C'était d'ailleurs le choix de Lopetegui lors de son match le plus abouti, la démonstration 3-0 contre l'Italie en qualifications en septembre.

"Toutes les options sur notre manière de jouer sont ouvertes", a prévenu le sélectionneur. "Vous pouvez appeler ça +faux N.9+ ou autre, moi je n'aime pas cette appellation parce qu'au final, on joue tous avec 11 joueurs et nous essaierons toujours d'amener des joueurs dans la surface adverse." Pour tenter de marquer et d'aller loin dans ce Mondial.
AFP

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