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Par son gros potentiel, son entraîneur, Aliou Cissé, son leader technique Sadio Mané et sa qualification à une Coupe du monde, l’actuelle sélection du Sénégal rappelle, à bien des égards, la Génération 2002. Toutefois, l’écart qui sépare les deux équipes en termes de performances, est encore énorme. Alors que Diouf et ses coéquipiers ont gagné une médaille d’argent à la Can 2002, et obtenu une place de quart de finaliste au Mondial Corée-Japon, les protégés d’Aliou Cissé tardent « à écrire leur propre histoire ». La Can 2019 sera-t-elle la bonne ?

Sortie des flancs de l’équipe olympique, surprenante quart de finaliste aux Jeux de Londres 2012, la sélection actuelle du Sénégal rappelle, sans nul doute, celle de 2002. Et c’est à juste titre que certains observateurs se plaisent à comparer régulièrement les deux générations. D’autant plus qu’il y a un élément de liaison qui les rapproche et facilite cette tendance à la comparaison : Aliou Cissé, capitaine de la bande à El Hadj Ousseynou Diouf et entraîneur de l’équipe du Sénégal depuis le 4 mars 2015 en remplacement du coach français Alain Giresse, limogé pour insuffisance de résultats, au lendemain de la Can équato-guinéenne.

Côté ressemblance, il y a d’abord le talent et le gros potentiel qui caractérisent les deux générations. Un indice révélateur : en 2002, sur la liste des 23 joueurs convoqués au Japon par le sélectionneur Bruno Metsu, 22 évoluaient à l’étranger notamment dans des championnats européens connus pour leur niveau très relevé. Un seul, le gardien Kalidou Cissokho, à l’époque pensionnaire de la Jeanne d’Arc, était issu du championnat local. En 2018 en Russie, Aliou Cissé n’a, lui, appelé aucun local ; tout l’effectif étant composé d’expatriés y compris Khadim Ndiaye qui évolue au Horoya Fc en Guinée. Pour l’essentiel, les joueurs sélectionnés pour le Coupe du monde 2018 viennent de la Ligue 1 française, de l’Angleterre et de l’Italie. Le seul footballeur  local qui était susceptible de faire partie de la campagne russe, Pape Seydou Ndiaye, le gardien du Diaraf, a finalement été zappé par le coach Aliou Cissé, à l’occasion de la publication de la liste des 23 devant défendre les couleurs du Sénégal en Russie. Cette configuration renseigne à suffisance sur la qualité du groupe.

Sur le plan individuel, des comparaisons n’ont pas non plus manqué notamment entre El Hadj Diouf et Sadio Mané, leaders techniques respectifs de l’équipe de 2002 et de celle de 2018. Par ailleurs, l’ancien sociétaire de Lens a été le premier footballeur sénégalais à avoir porté les couleurs de Liverpool ; alors que l’enfant de Bambaly y évolue depuis la fin de la saison 2016. Auteur d’une très bonne Coupe du monde, Youssouph Sabaly a aussi fait l’objet d’éloges de la part des observateurs et supporters ; au point qu’on le compare de plus en plus à Omar Daff, droitier mais excellent latéral gauche de l’équipe de 2002.

La comparaison entre les deux générations s’arrête pour autant là. Car en termes de résultats, l’écart est encore énorme. Malgré leur niveau technique, certainement supérieur à Diouf et sa bande, les poulains d’Aliou Cissé traînent loin derrière ceux de Bruno Metsu, côté performances. Il est vrai que ces derniers n’ont pas gagné un trophée d’envergure, mais ils ont permis au Sénégal de disputer sa première finale de Coupe d’Afrique des nations en 2002 au Mali. Crédités d’un beau parcours lors de cette Can, Henri Camara et ses coéquipiers avaient été freinés dans l’ultime tableau par les Lions indomptables du Cameroun à la série fatidique des tirs aux buts.  Cerise sur le gâteau, ils avaient, la même année, qualifié le Sénégal à sa première Coupe du monde.

En Corée-Japon, les Lions de la Téranga avaient impressionné le monde entier, en battant la France, championne du monde et d’Europe en titre, avant de se faire éliminer en quart de finale par la Turquie. A ces prouesses inédites, la sélection de 2002 avait ajouté une place de quart de finaliste à la Can 2004 en Tunisie et une autre place de demi-finaliste à la Can 2006, au Caire en 2006.

Avec ces belles performances, nul doute que les poulains de Bruno Metsu ont beaucoup de longueurs d’avance sur l’équipe actuelle dont le palmarès, à ce jour, se limite à une place de quart de finaliste à la Can 2017. Malgré leur volonté affichée « d’écrire leur propre histoire », comme ils aiment à le répéter, Sadio Mané et ses coéquipiers peinent encore à faire de bons résultats. Il leur reste beaucoup de chemin à faire pour réaliser leur rêve d’offrir au Sénégal son premier trophée continental ou, à défaut, égaler les performances de leurs prédécesseurs de 2002.

En tout cas, la Can 2019 sera l’occasion ou jamais pour enrichir leur palmarès. A défaut, cette compétition pourrait marquer la fin d’un cycle ; au vu de l’âge qu’auront les joueurs de l’équipe.
Le Soleil

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