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Hier banni, aujourd'hui acclamé: initialement boudé par Luis Enrique, Jordi Alba a fait son retour avec l'équipe d'Espagne pour affronter la Croatie jeudi en Ligue des nations (19h45 GMT). Bien aidé par des performances remarquables à Barcelone qui ont fini par convaincre l'inflexible sélectionneur.

Préférer de jeunes pousses au champion d'Europe 2012 (29 ans, 66 sélections) avait été l'un des gestes forts du nouveau technicien, lors de ses deux premières listes, au point que la presse espagnole subodorait un différend personnel entre le latéral gauche et son ancien entraîneur à Barcelone.

Et puis, dès le troisième rassemblement de la Roja cette saison, revoilà Alba. "Une décision professionnelle, en aucun cas personnelle", a commenté Luis Enrique.

La presse catalane en a fait des tonnes à l'annonce de la liste: "Justice!", a savouré Sport, tandis que Mundo Deportivo titrait "Il est dedans, il est dedans!"

Les mérites sportifs d'Alba sont incontestables après un splendide début de saison (2 buts, 6 passes décisives), comme si être absent de la sélection avait piqué l'orgueil de ce défenseur de poche au caractère affirmé.

"J'ai continué à travailler dans mon coin et ces deux mois se sont très bien passés", a-t-il raconté mardi en conférence de presse.

Embrassade effusive

Vu le niveau d'Alba, l'un des joueurs les plus décisifs du Barça, ses partenaires de club et de sélection ont tous milité pour son retour, à l'image du capitaine du Real et de la Roja Sergio Ramos. "Ramos est un grand ami", a commenté Alba. "Je ne peux que le remercier pour son soutien, c'est toujours bienvenu."

Selon le quotidien espagnol Marca, le milieu barcelonais Sergio Busquets (30 ans) a également pesé. Et le défenseur catalan Gerard Piqué, dont la voix porte malgré sa retraite internationale, a demandé publiquement à "Lucho" de "rectifier le tir et de convoquer Jordi Alba" après le clasico face au Real (5-1), où le petit défenseur avait été excellent.

"Je suis très reconnaissant de toutes les marques d'affection que j'ai reçues de la part de mes partenaires, des supporters, des médias", a résumé le latéral gauche, se disant heureux de retrouver la sélection.

Evidemment, Alba a démenti toute brouille avec Luis Enrique, se bornant à reconnaître qu'il avait mal vécu son temps de jeu réduit lors de la troisième saison de l'Asturien sur le banc barcelonais (2014-2017). "Sincèrement, il ne s'est rien passé entre Luis Enrique et moi, nous ne nous sommes jamais disputés", a-t-il assuré.

Même ton conciliant pour Luis Enrique, qui a mis en scène leurs retrouvailles avec une embrassade effusive lundi. Et il n'a pas hésité, comme un pied de nez, à affirmer que s'il devait choisir un joueur à qui ressembler, il opterait pour... Jordi Alba. "Il a bon goût, hein?", a ironisé l'intéressé.

La victoire et rien d'autre

Même si l'intransigeant Luis Enrique a assuré ne pas "prendre de décisions en fonction de l'opinion publique", il ne pouvait pas rester sourd plus longtemps aux performances du petit latéral.

Et tant pis pour l'objectif de rajeunissement affiché par le sélectionneur, qui a tout de même convoqué les jeunes José Luis Gaya (Valence) et Jonny (Wolverhampton)... lesquels risquent de devoir patienter pour jouer.

Car jeudi à Zagreb, l'objectif est clair pour l'Espagne: la victoire et rien d'autre, pour s'assurer une place dans la finale à quatre de la Ligue des nations. Un match nul ou une défaite les laisseraient à la merci de la Croatie et de l'Angleterre, qui s'affrontent dimanche lors du dernier match du groupe.

"Ce sera un test magnifique", a prévenu Luis Enrique. "J'ai envie de voir mes joueurs dans une ambiance hostile contre une sélection meurtrie par le résultat du premier match (6-0) et avec l'obligation de notre part de l'emporter." Et le fort caractère d'Alba ne sera pas de trop pour y parvenir.
AFP

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