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Ils n'ont pas l'expérience de leurs aînés, mais ils ont la fraîcheur et l'enthousiasme qui ont tant manqué à l'Allemagne au Mondial en Russie. Après l'octobre noir de la Mannschaft, ses jeunes loups Gnabry, Sané et autres Süle s'apprêtent à prendre le pouvoir dans l'optique de l'Euro-2020.

Jeudi, le match amical contre la Russie à Leipzig est l'occasion rêvée pour Joachim Löw de rôder une équipe renouvelée, avant la réception des Pays-Bas lundi à Gelsenkirchen en Ligue des Nations.

Certes le sélectionneur, malgré les critiques, retarde autant qu'il peut l'heure de se séparer de ses champions du monde 2014, accroché à sa conviction que "continuité et stabilité sont indispensables pour faire progresser une équipe".

L'histoire, pourtant, situera probablement le point de rupture le 13 octobre à Amsterdam. Ce soir-là, en Ligue des Nations, l'Allemagne avec cinq finalistes du Mondial-2014 coule à pic, battue 3-0 par une équipe Néerlandaise, jeune, joueuse et réaliste.

"La meilleure défaite de l'année"

Trois jours plus tard à Paris, la Mannschaft s'incline de nouveau 2-1 face aux nouveaux champions du monde français, mais cette défaite-là a un tout autre goût: "La meilleure défaite de l'année", titre même le grand quotidien Bild, un rien provocateur!

Car à Paris, Joachim Löw, sous pression maximale, a enfin lancé la formation que les commentateurs appellent de leurs voeux depuis le Mondial. Trois "historiques" seulement sur la pelouse au coup d'envoi - Manuel Neuer (32 ans), Mats Hummels (29 ans) et Toni Kroos (28 ans) - et huit joueurs entre 22 et 25 ans.

"L'avenir dira si ce match à Paris aura marqué la naissance d'une nouvelle équipe d'Allemagne", écrit alors Kicker, le magazine du football allemand, "mais cette formation a mérité qu'on lui redonne sa chance".

Löw aura-t-il ce courage? Ou son légendaire souci d'équilibre reprendra-t-il le dessus? "Le match à Paris a montré que nous avons le potentiel, dit-il, mais les jeunes joueurs ne sont pas encore mûrs. Ils ont besoin d'une orientation, et ce sont les anciens qui les aident. C'est pour cela qu'il faut un bon mélange (...) Nous avons un an pour nous préparer à l'Euro-2020 et pour intégrer de jeunes joueurs".

Parmi les "23 ans et moins", Timo Werner ou Joshua Kimmich sont déjà des cadres. Pour les autres, la lutte pour les places ne fait que commencer.

L'heure de Leroy Sané

Comme latéral ou comme milieu défensif, Kimmich est, à 23 ans, le leader incontesté de cette génération. Avec déjà 36 sélections, il est incontournable depuis l'Euro-2016, et apparaît comme le successeur de Philipp Lahm, le capitaine champion du monde 2014. Werner, l'avant-centre de Leipzig âgé de 22 ans, a lui été titularisé lors des huit derniers matches.

Niklas Süle, pensionnaire du Bayern, a également une très belle chance à saisir. Arrivé sur la pointe des pieds en Bavière la saison dernière pour jouer les doublures du prestigieux duo Hummels-Boateng, ce colossal défenseur central a disputé cette saison neuf des onze matches de championnat en intégralité, obligeant ses deux glorieux aînés à se partager le temps de jeu pour l'autre poste en charnière. La non-sélection cette semaine de Jérôme Boateng lui ouvre un boulevard pour s'imposer comme patron de la défense.

Son coéquipier Gnabry n'a joué que trois fois sous le maillot aux quatre étoiles. Mais à Munich, il repousse de plus en plus souvent sur le banc soit Robben, soit Ribéry, soit Müller.

Autre attaquant, le feu follet de Manchester City Leroy Sané a longtemps attendu son tour. Privé de coupe du monde, parfois considéré comme trop dispersé -- sur et hors du terrain -- pour les exigences du niveau international, il n'en est pas moins le plus beau talent allemand de sa classe d'âge. Dribbleur inarrêtable et dynamiteur de défenses, il semble à 22 ans avoir gagné en maturité. On imagine mal Löw rebâtir sans lui l'Allemagne de la prochaine décennie.

Les autres s'appellent Leon Goretzka, Julian Brandt, Jonathan Tah, Nico Schulz ou encore Thilo Kehrer, l'une des dernières recrues du Paris SG. Tous n'attendent que l'occasion de détrôner les vieux rois.
AFP

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