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Le Maroc était annoncé comme le recours idéal pour organiser la première Coupe d'Afrique des nations à 24 équipes l'été prochain. Problème: il ne sera pas candidat. A sept mois du tournoi élargi, déjà retiré au Cameroun, la quête d'un remplaçant se poursuit.

Le 30 novembre, la Confédération africaine de football (CAF) a retiré l'organisation de la CAN-2019 au Cameroun, en raison de retards dans les travaux d'infrastructures et d'une situation fragile sur le plan sécuritaire. Et une petite phrase a fait croire que le royaume chérifien serait le "plan B" naturel.

"L'Égypte ne présentera pas de dossier de candidature et estime qu'il y a un consensus pour que le Maroc accueille la compétition", rapportait ce soir-là Magdi Abdel Ghani, membre du conseil d'administration de la Fédération égyptienne, selon son responsable presse.

Mais la déclaration mercredi du ministre marocain de la Jeunesse et des Sports, Rachid Talbi El Alami, a jeté un froid. Le Maroc, candidat déçu à l'organisation du Mondial-2026 (attribué cet été au trio USA-Mexique-Canada), ne tentera pas le coup.

"Le Maroc n'avait pas l'intention de présenter sa candidature pour accueillir la Coupe d'Afrique des nations 2019 et ne le fera pas", a annoncé le ministre à l'AFP.

Qui a dorénavant les reins assez solides pour récupérer l'organisation de cette CAN XXL? Le temps presse car l'appel aux candidatures se termine ce vendredi...

Puis "tout sera finalisé le 25 décembre pour faire sortir une +short list+ de candidats avec leur évaluation et des notations claires", avant que le nom du pays hôte ne soit révélé le 9 janvier à l'issue d'une réunion à Dakar, a expliqué le président de la CAF Ahmad Ahmad à l'AFP, lundi à Paris.

L'Afrique du Sud en recours?

Combien de candidatures la CAF a-t-elle reçu pour l'instant? "D'après mes informations, deux ou trois lettres d'intention sont arrivées", dont "l'Afrique du Sud" a répondu ce jour-là le dirigeant malgache, âgé de 58 ans.

Le pays des "Bafana Bafana" est le seul du continent à avoir organisé une Coupe du monde (à 32 équipes) en 2010.

La Guinée équatoriale avait déjà joué le rôle du remplaçant providentiel pour la CAN-2015 après le retrait de l'organisation au... Maroc.

Les questions autour de l'édition 2019 ajoutent encore du flou dans une période troublée.

En 2014, la CAF alors présidée par le Camerounais Issa Hayatou avait attribué trois CAN d'un coup: 2019 au Cameroun, 2021 à la Côte d'Ivoire et 2023 à la Guinée. Mais le retrait de la CAN-2019 au Cameroun a provoqué une incroyable redistribution des cartes.

"Pour arranger les choses de manière vraiment humaine", selon son président, la CAF a décidé de confier l'organisation de l'édition 2021 au Cameroun et 2023 à la Côte d'Ivoire. Au grand dam de plusieurs dirigeants camerounais et ivoiriens.

"J'ai la lettre, je communique avec la présidence de la République (du Cameroun). On est d'accord pour 2021", s'est toutefois félicité M. Ahmad lundi.

Instabilité et sponsors irrités

Du côté de la Côte d'Ivoire, la CAF "attend" toujours une réponse pour la CAN-2023.

Et la Guinée alors, initialement hôte de l'édition 2023? Le dossier "n'existe pas", avait lâché sur RFI Constant Omari, un des vice-présidents de l'instance africaine.

Les Guinéens "ont demandé la CAN-2019 et 2021, mais ils n'ont pas demandé la CAN-2023. Personne ne l'a demandée et la CAF n'a pas ouvert la candidature pour la CAN-2023", a expliqué M. Ahmad, en poste depuis mars 2017.

La Guinée pourrait-elle recevoir de fait l'organisation de la CAN-2025? "Théoriquement, c'est pour la Guinée. Mais est-ce que la Guinée va le faire? Ils ne l'ont pas demandé", a seulement répondu le patron du foot africain.

Cette instabilité fait grincer des dents les partenaires - le géant pétrolier français Total est le sponsor principal de la compétition.

"Par rapport à nos partenaires, cela nous pose vraiment des grands problèmes. C'est tout cela que nous prenons en compte pour prendre des décisions qui peuvent arranger tout le monde", a encore confié à l'AFP M. Ahmad.

A l'avenir, faudra-t-il revoir les processus d'attributions alors que les trois derniers pays-hôtes ont dû être remplacés pour des raisons diverses? "Oui, c'est indiscutable. Cela fait partie des réformes que nous mettrons en place", a-t-il tranché.
AFP

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