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L'entraîneur du FC Nantes Vahid Halilhodzic n'a pu contenir son émotion en évoquant Emiliano Sala, dont l'avion a disparu en mer lundi soir, à l'occasion d'un retour à l'entraînement pourtant placé sous le signe de l'espoir, jeudi, malgré l'arrêt des recherches.

Il était environ 17h30 quand, au terme d'une séance d'entraînement chargée en émotion, l'entraîneur franco-bosnien est venu dire à la presse quelques mots sur le joueur avec qui il partageait beaucoup plus que le poste d'avant-centre.

"J'ai une relation particulière avec lui parce qu'au moment de mon arrivée on a beaucoup discuté. J'ai beaucoup parlé avec lui...", a confié le coach avant de s'interrompre, la gorge serrée et les larmes envahissant ses yeux.

Il a bu une ou deux gorgées d'eau avant de reprendre, la voix encore tremblotante.

"Pour moi c'est peut-être le moment le plus difficile de ma vie sportive. J'en ai connu d'autres, mais sportivement, ça m'a perturbé complètement", a-t-il ajouté.

Presque 72 heures après la disparition, à une vingtaine de kilomètres au nord de Guernesey, de l'avion qui emmenait l'attaquant argentin de Nantes à Cardiff, son nouveau club, ses chances de survies sont "infimes", selon la police de l'île anglo-normande, qui a annoncé l'abandon des recherches pendant la séance.

Le FC Nantes avait pourtant placé ce moment de communion avec ses supporters sous le signe de l'espoir, aussi mince soit-il.

"Gardons espoir" clame ainsi le message inscrit sur le portrait géant de l'avant-centre, avec son air juvénile et un sourire en coin, qui orne les grilles du centre d'entraînement de la Jonelière et devant lequel fleurs, dessins et bougies ont été déposés en nombre.


Waris consolé par Coach Vahid

"On a conscience qu'il est perdu, mais on a encore un petit coin d'espérance qu'il existe encore", a expliqué à l'AFP Maxime Perrouin, 29 ans, venu de Vendée pour assister au retour au terrain de ses protégés.

Peu avant 16H00, les joueurs et le staff ont été ovationnés par plus de 300 personnes qui ont rempli entièrement le petite espace réservés aux spectateurs, sous l'oeil d'une quarantaine de journalistes.

Après s'être réunis en cercle au milieu du terrain, les joueurs se sont approchés du public et le capitaine Valentin Rongier a pris la parole.

"On vous demande d'être solidaires avec nous, d'être tous unis, et de respecter la famille qui, elle, refuse absolument de parler de deuil et (nous demande) de continuer d'y croire", a-t-il annoncé aux supporters.

"C'est pour ça qu'on ne va pas faire de minute de silence ou de minute d'applaudissement, parce qu'on a encore de l'espoir", a-t-il ajouté.

Certains joueurs étaient très émus, comme le Ghanéen Majeed Waris, comparse d'attaque d'Emiliano Sala sur la fin de la phase aller, qui essuyait ses larmes un bras protecteur et consolateur de Coach Vahid passé autour de ses épaules.

"Admettre l'impensable"

"Les joueurs ont vraiment besoin de nous (...) je pense que ça va leur faire plaisir de voir tout ce monde qui est là rassemblé pour eux et je pense qu'ils vont s'en servir comme force pour se surpasser sur le terrain", a espéré Maxime Perrouin, venu avec Nelka, son Huskie d'un an et demi qu'il avait habillé d'un maillot du FC Nantes.

Les supporters se repassaient en boucle les longues heures passées depuis la terrible annonce.

"J'ai les larmes aux yeux directement (...) même là de vous en parler devant l'image... c'est comme si on venait de perdre quelqu'un de notre famille", s'est remémoré Maxime Perrouin.

"On m'a appelé au téléphone, j'ai pensé: +c'est une fake news, c'est pas possible+", a abondé Andrée Guittet, retraitée de 69 ans, dont 35 à soutenir les Canaris.

"Il était atypique comme joueur, on ne peut pas dire que c'était Neymar ou Mbappé, mais c'était un battant, c'était un guerrier, il avait la +gnaque+, il allait jusqu'au bout", a-t-elle continué en se souvenant du joueur.

Mais Andrée, si elle ne le dit pas trop fort, reconnaît être venue pour "admettre l'impensable".

"Gardons espoir, oui, mais moi, personnellement, je n'y crois plus beaucoup", a-t-elle poursuivi dans un souffle.
AFP

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