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Titulaire et buteur en équipe d'Italie, précieux pour la Juventus Turin en l'absence de Cristiano Ronaldo: le printemps appartient à Moise Kean, enfant prodige des années 2000 et nouvelle incarnation de la prometteuse jeunesse du football italien.

Son nom était apparu en novembre 2016, avec une entrée en jeu face à Pescara sous le maillot de la Juventus qui faisait de lui le premier joueur né en 2000 à évoluer en Serie A. Il avait alors 16 ans et huit mois.

Deux ans et demi plus tard, il a fait du chemin et a marqué avec l'Italie face à la Finlande et au Liechtenstein pour ses deuxième et troisième sélections, devenant le deuxième plus jeune buteur de l'histoire de la Nazionale derrière l'oublié Bruno Nicolè à la fin des années 1950.

"Il a beaucoup de qualités et il progresse constamment, il peut aller très loin. Mais n'oublions pas qu'on parle d'un gamin de 19 ans. On attend beaucoup de lui mais on doit aussi accepter les erreurs", a jugé son sélectionneur Roberto Mancini, lancé dans une vaste opération de rajeunissement de la Nazionale, dont Kean est le dernier exemple.

"C'est d'abord un avant-centre. Mais il peut aussi jouer à gauche ou à droite. Il a d'immenses qualités et physiquement il est dévastateur. Mais il doit encore s'améliorer", a ajouté Mancini, qui lui avait offert sa première cape en amical face aux Etats-Unis en novembre.

- Derrière Cristiano -

Jens Hofer en qualif pour l'Euro-2020, le 26 mars 2019 à Parme
Cette insouciance, cette force physique et cette adaptabilité tactique vont désormais profiter à la Juventus, privée de Ronaldo au moins jusqu'à son quart de finale aller de Ligue des Champions contre l'Ajax Amsterdam.

D'ici-là, les bianconeri vont affronter Empoli, Cagliari et l'AC Milan et Kean va avoir du temps de jeu, comme titulaire ou comme remplaçant.

Après un prêt plutôt réussi au Hellas Vérone en deuxième partie de saison dernière (quatre buts en 19 matches), Kean a en effet discrètement grandi cette saison dans l'ombre de Ronaldo.

Son entraîneur Massimiliano Allegri, qui continue à l'appeler "le gamin" en conférence de presse, s'est opposé à tout départ - Marseille était intéressé l'été dernier, l'Ajax cet hiver - et en retire aujourd'hui les fruits.

"J'apprends de Cristiano à l'entraînement. Je lui prends ses secrets. J'apprends tous les jours", a expliqué Kean après son but face à la Finlande.

Avec les bianconeri, son bilan est déjà de deux buts en quatre apparitions et il pourrait donc s'améliorer encore en l'absence du Portugais.

- Deux tracteurs -

Mais cette nouvelle notoriété expose aussi Kean, né dans le Piémont de parents Ivoiriens installés en Italie longtemps avant sa naissance, à des comparaisons douteuses et à des réflexions imposées sur la question de l'identité italienne.

Il s'en est pour l'instant sorti avec les honneurs, comme quand il a expliqué pourquoi le parallèle systématiquement établi entre son parcours et celui de Mario Balotelli - au profil technique très divers - lui semblait discutable.

"Je suis complètement différent. Mario est un garçon super, je le connais et il me donne des conseils. Mais je ne comprends pas pourquoi on me compare à lui. Il fait les choses différemment", a jugé le jeune attaquant.

Sur les réseaux sociaux, Kean a aussi dû éteindre un début d'incendie provoqué par une interview de son père mercredi à la radio Rai.

Outre sa sympathie pour la Lega de l'homme fort du gouvernement italien Matteo Salvini (extrême-droite), celui-ci y reprochait à la Juventus de ne pas lui avoir livré "deux tracteurs" promis lors de la signature du contrat professionnel de son fils.

"Des tracteurs ???! Je ne sais pas de quoi tu parles. Si je suis l'homme que je suis aujourd'hui, c'est seulement grâce à ma mère", a répondu l'attaquant.

Mais du côté de la Juventus, plus que du père de Kean, c'est peut-être de son agent dont on se méfie. Le jeune avant-centre sera en fin de contrat en 2020, et son conseiller Mino Raiola lui non plus n'est pas commode en affaires.
AFP

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